Aja, dass bestimmte französische Straßen im Mittelalter so schmutzig waren, dass sie dementsprechend genannt wurden: Rue Merdeux, Rue des Merdons, Rue du Pipi in Paris zum Beispiel
Aja, dass bestimmte französische Straßen im Mittelalter so schmutzig waren, dass sie dementsprechend genannt wurden: Rue Merdeux, Rue des Merdons, Rue du Pipi in Paris zum Beispiel
J’ai vu plein de ruisseaux appelés Merdarei, Merdarey, etc… Quand tu penses à l’étymologie et les usages de l’époque ça enlève tout le charme qu’un petit ruisseau peut avoir !
Ibra_63 on
J’attends l’article du Figaro qui explique que c’est rétrospectivement la faute d’Anne Hidalgo !
en43rs on
C’est pas juste parce qu’elles étaient sales. C’est parce que avant l’apparition de toilettes publiques (fin XVIIIe/debut XIXe) c’était des toilettes en plein air : c’est la que tout le monde allait faire ses besoins s’ils n’étaient pas chez eux.
magemax on
Quelqu’un a accès à la source pour voir où étaient situées ces rues ?
J’émets un doute quant à l’existence d’une rue du Pipi, vu que le mot „Pipi“ date de la fin du XVIIe siècle ( https://www.cnrtl.fr/definition/pipi ), c’est peut-être une double traduction Français > Anglais > Français
lefier_moustachu on
A Tours on a bien „la rue de la pisse“ (c’est juste à côté des bars, on y trouve du vomi aussi avec la Fée Rouge), ça m’étonne pas qu’à l’époque on puisse nommer des rues ainsi.
Piitx on
Allez je vais faire mon médiéviste de base :
La source est cheloue (comme souvent sur le wiki en anglais) l’auteur du passage qui est cité a l’air d’être plus un journaliste qu’un historien, et rien que dans le résumé du livre y’a des raccourcis et des superlatifs qui font douter.
Ensuite pour la question en elle-même. Bien que les XIIIe-XIVe peuvent être considérés comme la naissance de l’administration „à la française“, c’est un phénomène qui ne touche pas tout. C’est à cette période qu’on définit les prérogatives qui appartiennent aux habitants et à la municipalité.
A l’agrégation il y a deux ans on avait vu un procès lors des Grands Jours de Troyes (en gros la tournée de la justice royale dans les grandes villes) pour savoir qui de la ville ou des exploitants devaient nettoyer les soues à cochons présentes dans l’enceinte des murs. Dire que c’est la naissance du système public serait capillotracté mais c’est une période de réflexion sur ce qu’est la communauté politique et quelles sont ses composantes et missions, surtout dans les villes, qui sont des entités politiques à part entière au Moyen Age en France (Paris étant un cas particulier, à cause des conflits de avec le roi pour savoir qui juge et décide quoi). Donc une grande partie de la saleté vient de, bah on sait pas qui doit nettoyer, sachant également que toutes les rues ne sont pas pavées.
Pour ce qui est de l’hygiène personnelle, celle-ci est bien meilleure que le grand public ne le pense. On est très loin de Jacquouille. Il est très fréquents dans les grandes villes d’avoir gardé des thermes fonctionnels de l’époque des romains. On estime aussi que les croisades ont permis de ramener et redynamiser cette culture du bain, qui a continué à exploser au Proche-Orient (c’est pas pour rien si on a le terme Hammam dans notre vocabulaire aujourd’hui). Le bain comme à l’époque des romains est un lieu de convivialité. Je link un très bon épisode du podcast de France Culture le cours de l’Histoire sur le bain, où ils parlent principalement des romains, mais aussi du Moyen Age [un peu](https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-des-bains-au-comptoir-histoires-de-convivialite).
Alors, où est-ce que c’est parti en couille ? Malgré ce que dit l’appellation (datée) de Renaissance, sur ce point c’est à ce moment là que ça part en cacahouètes. A la fin du Moyen Age le bain est donc un lieu d’hygiène, de convivialité et où l’on trouve d’autres services, notamment de la prostitution.
Au Concile de Trente au milieu du XVIe siècle, l’église catholique se réunit et se demande comment réagir à la naissance du protestantisme, la réponse ? Serrer la vis. Vient donc une fermeture des bains en France, vus comme des lieux de débauche et de luxure (ce qu’ils étaient), mais qui fait reculer l’hygiène personnel drastiquement.
Le bain devient quelque chose de bizarre, qu’on aime pas trop mais qu’on pense nécessaire pour guérir certains maux, comme un médicament. Il est mal vu. Dans le journal du médecin de Louis XV, qui s’occupe de lui enfant, il rapporte que le futur roi refuse de prendre des bains car „il n’est point damoiseau“. Le damoiseau est le jeu homme non chevalier, non rompu au métier des armes, à comprendre „je suis pas un fragile moi jme lave pas mdr“.
Ensuite, le phénomène des rues du pipi, bah ça existe toujours je trouve. A Bayonne on en a plusieurs, des petites ruelles très sombres (héritées de la ville médiévale, parce que la toponomie joue beaucoup pour la saleté, on est loin des grands axes hérités d’Hausmann) qu’on appelait des ruelles à pipi quand j’étais petit, et où la mairie dans une prophétie autoréalisatrice a installé des pissotières.
TLDR : Le Moyen Age c’était sale, mais pas tant que ça.
youdig_surf on
AJA
Neiani on
Le ruisseau qui servait de tout à l’égout a Montpellier avait pour nom le Merdançon. Il a depuis été renommé le Verdançon, moins fécal dans l’image qu’il revoie.
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9 Kommentare
Imaginez la discrimination à l’entretien d’embauche quand ton adresse c’est le 12 bis rue du Pipi, 75004, Paris
Extrait de la page wikipédia sur la [Peste Noire](https://en.wikipedia.org/wiki/Black_Death).
J’ai vu plein de ruisseaux appelés Merdarei, Merdarey, etc… Quand tu penses à l’étymologie et les usages de l’époque ça enlève tout le charme qu’un petit ruisseau peut avoir !
J’attends l’article du Figaro qui explique que c’est rétrospectivement la faute d’Anne Hidalgo !
C’est pas juste parce qu’elles étaient sales. C’est parce que avant l’apparition de toilettes publiques (fin XVIIIe/debut XIXe) c’était des toilettes en plein air : c’est la que tout le monde allait faire ses besoins s’ils n’étaient pas chez eux.
Quelqu’un a accès à la source pour voir où étaient situées ces rues ?
J’émets un doute quant à l’existence d’une rue du Pipi, vu que le mot „Pipi“ date de la fin du XVIIe siècle ( https://www.cnrtl.fr/definition/pipi ), c’est peut-être une double traduction Français > Anglais > Français
A Tours on a bien „la rue de la pisse“ (c’est juste à côté des bars, on y trouve du vomi aussi avec la Fée Rouge), ça m’étonne pas qu’à l’époque on puisse nommer des rues ainsi.
Allez je vais faire mon médiéviste de base :
La source est cheloue (comme souvent sur le wiki en anglais) l’auteur du passage qui est cité a l’air d’être plus un journaliste qu’un historien, et rien que dans le résumé du livre y’a des raccourcis et des superlatifs qui font douter.
Ensuite pour la question en elle-même. Bien que les XIIIe-XIVe peuvent être considérés comme la naissance de l’administration „à la française“, c’est un phénomène qui ne touche pas tout. C’est à cette période qu’on définit les prérogatives qui appartiennent aux habitants et à la municipalité.
A l’agrégation il y a deux ans on avait vu un procès lors des Grands Jours de Troyes (en gros la tournée de la justice royale dans les grandes villes) pour savoir qui de la ville ou des exploitants devaient nettoyer les soues à cochons présentes dans l’enceinte des murs. Dire que c’est la naissance du système public serait capillotracté mais c’est une période de réflexion sur ce qu’est la communauté politique et quelles sont ses composantes et missions, surtout dans les villes, qui sont des entités politiques à part entière au Moyen Age en France (Paris étant un cas particulier, à cause des conflits de avec le roi pour savoir qui juge et décide quoi). Donc une grande partie de la saleté vient de, bah on sait pas qui doit nettoyer, sachant également que toutes les rues ne sont pas pavées.
Pour ce qui est de l’hygiène personnelle, celle-ci est bien meilleure que le grand public ne le pense. On est très loin de Jacquouille. Il est très fréquents dans les grandes villes d’avoir gardé des thermes fonctionnels de l’époque des romains. On estime aussi que les croisades ont permis de ramener et redynamiser cette culture du bain, qui a continué à exploser au Proche-Orient (c’est pas pour rien si on a le terme Hammam dans notre vocabulaire aujourd’hui). Le bain comme à l’époque des romains est un lieu de convivialité. Je link un très bon épisode du podcast de France Culture le cours de l’Histoire sur le bain, où ils parlent principalement des romains, mais aussi du Moyen Age [un peu](https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-des-bains-au-comptoir-histoires-de-convivialite).
Alors, où est-ce que c’est parti en couille ? Malgré ce que dit l’appellation (datée) de Renaissance, sur ce point c’est à ce moment là que ça part en cacahouètes. A la fin du Moyen Age le bain est donc un lieu d’hygiène, de convivialité et où l’on trouve d’autres services, notamment de la prostitution.
Au Concile de Trente au milieu du XVIe siècle, l’église catholique se réunit et se demande comment réagir à la naissance du protestantisme, la réponse ? Serrer la vis. Vient donc une fermeture des bains en France, vus comme des lieux de débauche et de luxure (ce qu’ils étaient), mais qui fait reculer l’hygiène personnel drastiquement.
Le bain devient quelque chose de bizarre, qu’on aime pas trop mais qu’on pense nécessaire pour guérir certains maux, comme un médicament. Il est mal vu. Dans le journal du médecin de Louis XV, qui s’occupe de lui enfant, il rapporte que le futur roi refuse de prendre des bains car „il n’est point damoiseau“. Le damoiseau est le jeu homme non chevalier, non rompu au métier des armes, à comprendre „je suis pas un fragile moi jme lave pas mdr“.
Ensuite, le phénomène des rues du pipi, bah ça existe toujours je trouve. A Bayonne on en a plusieurs, des petites ruelles très sombres (héritées de la ville médiévale, parce que la toponomie joue beaucoup pour la saleté, on est loin des grands axes hérités d’Hausmann) qu’on appelait des ruelles à pipi quand j’étais petit, et où la mairie dans une prophétie autoréalisatrice a installé des pissotières.
TLDR : Le Moyen Age c’était sale, mais pas tant que ça.
AJA
Le ruisseau qui servait de tout à l’égout a Montpellier avait pour nom le Merdançon. Il a depuis été renommé le Verdançon, moins fécal dans l’image qu’il revoie.