Internationale Post – Hitzewelle: Angesichts der globalen Erwärmung wird unser Körper nicht alles aushalten können

    https://www.courrierinternational.com/article/dans-nos-archives-canicule-face-au-rechauffement-climatique-nos-organismes-ne-pourront-pas-tout-supporter_4695_1

    Von Critical_Key552

    Share.

    8 Kommentare

    1. Critical_Key552 on

      Canicule : face au réchauffement climatique, nos organismes ne pourront pas tout supporter

      Notre corps est en mesure de réguler sa température interne et de s’acclimater, mais jusqu’à une certaine limite. L’humidité de l’air, l’âge et l’effort peuvent modifier notre résistance à la chaleur extrême.

      Publié le 23 juin 2026 à 16h16

      [Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 14 août 2021 et republié le 23 juin 2026]

      Du fait du changement climatique, les grosses canicules sont plus fréquentes et plus sévères, comme nous l’avons vu avec les vagues de chaleur qui ont balayé l’ouest des États-Unis [à l’été 2021]. Selon certains modèles climatiques, des pans entiers du globe terrestre vont devenir inhospitaliers pour l’homme au cours du prochain siècle.

      Mais ce qui rend un endroit invivable, ce n’est pas simplement une température particulière ; et prendre en compte l’humidité ambiante ne suffit pas non plus à expliquer complètement les limites du corps humain en cas de chaleur extrême. Le seuil de tolérance peut varier d’une personne à l’autre, et la capacité d’une personne à supporter la chaleur peut changer.

      Comprendre nos limites, et ce qui les détermine, s’avère d’autant plus important que les températures mondiales grimpent et que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus difficiles à prévoir.

      “On aurait pu penser que nous aurions eu le choix entre le bien et le mal”, explique Camilo Mora, chercheur en climatologie à l’université d’Hawaii, mais désormais, en matière de fortes chaleurs, “on a juste le choix entre avoir plus de ceci ou beaucoup plus de cela”. Dans le cadre d’une étude publiée dans Nature Climate Change en 2017, Camilo Mora et son équipe ont analysé des centaines d’épisodes caniculaires dans le monde afin de déterminer les combinaisons de chaleur et d’humidité qui risquaient d’entraîner le plus de décès, et où ces conditions seraient susceptibles d’être réunies à l’avenir.

      30 % de la population mondiale exposée

      D’après leurs constatations, aujourd’hui environ 30 % de la population mondiale est exposée, pendant au moins vingt jours par an, à une combinaison de chaleur et d’humidité pouvant causer la mort, et ce pourcentage devrait passer à près de la moitié d’ici 2100, même en tenant compte des réductions les plus drastiques des émissions de gaz à effet de serre. D’autres chercheurs ont observé que le changement climatique augmente de plusieurs centaines de fois le risque d’apparition de vagues de chaleur et cause plus d’un tiers des décès liés à la chaleur. Nous sommes en train de modifier notre planète ; quelles sont les limites de ce que nous pouvons supporter ?

      Mammifères à sang chaud, les humains ont une température corporelle constante, qui se situe autour de 98 °F [37 °C]. Notre corps est conçu pour fonctionner à peu près correctement à cette température, grâce à un équilibre constant entre pertes et gains de chaleur. Les problèmes commencent lorsque notre corps ne parvient plus à perdre de la chaleur assez vite (ou la perd trop rapidement dans le froid, mais concentrons-nous sur la chaleur pour l’instant). Une élévation trop forte de votre température corporelle peut entraîner un arrêt des fonctions de tout l’organisme, des organes aux enzymes. Selon Elisabeth Hanna, chercheuse en santé publique au sein de l’Université nationale australienne, qui étudie les chaleurs extrêmes, celles-ci peuvent entraîner de graves problèmes rénaux et cardiaques, voire des lésions cérébrales.

      Dans un environnement chaud, votre corps s’efforce de maintenir sa température avec un outil puissant : la sueur. Celle-ci s’évapore dans l’air, aspirant la chaleur de votre peau, ce qui vous rafraîchit. Or l’humidité perturbe cette méthode de refroidissement : lorsqu’elle est élevée, une grande quantité de vapeur d’eau est présente dans l’air, la sueur ne peut pas s’évaporer aussi rapidement, et la transpiration ne vous rafraîchit plus autant.

      Pour étudier les interactions entre chaleur excessive et humidité, les chercheurs (dont Camilo Mora et son équipe) utilisent des mesures telles que l’indice de chaleur et la température du thermomètre mouillé, ce qui leur permet de se concentrer sur un seul chiffre pour identifier les conditions délétères.

      Limite absolue, une température humide de 35 °C

      L’indice de chaleur correspond à une estimation que vous avez probablement déjà vue dans les bulletins météo, il tient compte à la fois de la chaleur et de l’humidité pour exprimer la sensation de confort lié au temps qu’il fait. La température du thermomètre mouillé est la mesure obtenue par un thermomètre entouré d’un linge humide. (Petite précision technique : la température indiquée dans les prévisions météo est “sèche”, car mesurée avec un thermomètre sec.) La température humide permet d’estimer la température de votre peau si vous transpirez en permanence. Elle est donc souvent utilisée pour savoir comment une population réagirait en cas de forte canicule.

      Selon Zachary Schlader, physiologiste à l’université de l’Indiana à Bloomington [aux États-Unis], une température humide de 35 °C constitue pour ainsi dire la limite absolue de ce que peut tolérer un être humain. Au-delà, le corps n’est plus en mesure de céder de la chaleur à l’environnement de manière suffisamment efficace pour maintenir sa température centrale. Cela ne veut pas dire que la chaleur vous tuera sur-le-champ, mais des lésions cérébrales et organiques apparaîtront si vous ne pouvez vous rafraîchir rapidement.

      Les conditions qui conduisent à une température humide de 35 °C sont très variables. En l’absence de vent et par temps ensoleillé, une température humide devient insupportable lorsqu’elle frôle les 43 °C dans une zone présentant un taux d’humidité de 50 %, contre 54 °C avec un air quasiment sec. Certains modèles climatiques prévoient que nous atteindrons des températures au thermomètre mouillé de plus de 35 °C d’ici le milieu du XXIe siècle. D’autres chercheurs affirment que c’est déjà le cas. Dans une étude publiée en 2020, des scientifiques indiquent que certaines régions subtropicales ont déjà connu de telles conditions, et qu’elles sont de plus en plus fréquentes.

      “Tout le monde est vulnérable”

      Si la plupart des chercheurs s’accordent à dire qu’une température humide de 35 °C est invivable pour la plupart des êtres humains, la réalité montre que des conditions moins extrêmes peuvent également être mortelles. Sur Terre, nous n’avons atteint que très rarement de telles températures humides, mais la chaleur tue néanmoins chaque année dans le monde. “Tout le monde est vulnérable, certaines personnes plus que d’autres”, souligne Elizabeth Hanna, la chercheuse australienne en santé publique. Les enfants et les personnes âgées ne parviennent généralement pas à réguler leur température aussi efficacement que les jeunes adultes, et les personnes sous certains traitements ont une capacité de transpiration réduite.

      La tolérance à la chaleur peut également changer avec le temps : l’organisme peut s’acclimater à force d’être exposé à la chaleur, un peu de la même façon qu’il arrive à s’acclimater à de faibles taux d’oxygène à haute altitude. L’acclimatation à la chaleur se développe avec le temps : elle peut apparaître en quelques jours seulement, et l’ensemble du processus peut prendre jusqu’à six semaines ou plus, explique Elizabeth Hanna. Les personnes plus acclimatées à la chaleur transpirent davantage, mais leur sueur est plus diluée, ce qui signifie qu’elles perdent moins d’électrolytes par la sueur. Selon la chercheuse, cela peut protéger l’organisme contre la déshydratation et les problèmes cardiaques et rénaux.

      L’acclimatation est la raison pour laquelle les vagues de chaleur touchant des zones relativement fraîches, ou les canicules en début d’été, sont plus susceptibles d’être mortelles que lorsqu’elles surviennent dans des endroits plus chauds ou plus tard dans l’été. Le Canada ou la ville de Seattle ne sont pas seulement moins équipés en climatiseurs, même si les installations à disposition constituent un autre facteur important dans la mortalité des vagues de chaleur. Les habitants de régions plus fraîches sont aussi moins acclimatés à la chaleur, de sorte que des températures humides inférieures à 35 °C peuvent y être mortelles.

      L’acclimatation a ses limites

      Cependant, l’acclimatation a ses limites, souligne Elizabeth Hanna. Nous ne serons pas en mesure d’évoluer au-delà des conditions apportées par le changement climatique au cours des prochaines décennies. La chercheuse ajoute que si les limites physiologiques sont importantes, nous devons également prendre en considération d’autres éléments, comme le comportement des individus et les infrastructures. Si vous vous déplacez ou que vous travaillez à l’extérieur, la température n’a pas besoin d’être aussi élevée pour être mortelle, explique Elizabeth Hanna. Sur la totalité de l’énergie que vous dépensez pour effectuer une tâche, qu’il s’agisse de courir ou de faire la vaisselle, seulement 20 % servent à la contraction des muscles, les 80 % restants se transforment en chaleur.

      Plus de mouvement signifie ainsi plus de chaleur à évacuer. Autrement dit, vous ne serez pas en mesure de supporter lors d’un effort une température à laquelle vous pourriez résister en restant allongé. Résidant en Australie, Elizabeth Hanna est particulièrement sensible à la façon dont les fortes chaleurs touchent les individus et les collectivités. L’Australie est l’un des pays les plus chauds de la planète, certains endroits repoussant déjà les limites de la résistance humaine. Alors que les températures extrêmes deviennent la norme, il est selon la chercheuse plus urgent que jamais d’aider les populations à comprendre le danger des canicules.

      Casey Crownhart

    2. Ça réglera pas le souci du tout mais va surtout falloir s’habituer à un mode de vie qu’on a déjà ici en Asie, une clim par pièce et on vit plus ou moins à l’intérieur (mall, underground…etc) 8 mois sur 12…

    3. Comment font les populations qui vivent cela pendant la moitié de l’année ? Et cela depuis des siècles ?
      Oui il faudra adapter nos modes de vies et changer beaucoup de choses dans nos façons de construire les bâtiments et toutes nos infrastructures.
      Mais nous n’allons pas avoir le choix car les températures ne s’inversent pas en quelques années.

    4. Et qu’en est il des animaux ? Sauvages et d’élevage ?
      Et même des insectes ? On n’en parle jamais et je m’inquiète pour eux. Je ne veux pas vivre dans un monde où on aurait tué tous les animaux sauvages. Quelle tristesse

    5. C’est un moyen comme un autre de réduire de manière globale les émissions de GES.

    6. Ce qui n’est pas précisé, j’ai lu plusieurs fois l’article, c’est quel est le pourcentage d’humidité pour considérer 35 degrés comme un 35 degrés humide?

    7. Je sais. Il a fait 35 chez moi hier soir et dans la nuit. Je me suis réveillée à quatre heures avec le coeur qui battait beaucoup trop vite, et quand j’ai essayé de me lever ça a été le festival du vertige.

      J’ai 41 ans. Je prends des antidépresseurs et des thymorégulateurs, comme 7 millions de Français. Une grande partie de ces médicaments rendent plus sensible à la déshydratation et donc à tous les ravages de la chaleur. Je ne peux pas arrêter de les prendre, pour des raisons de santé évidentes. Si ça dure encore lo gtemps, je sais que je risque d’y passer.

    Leave A Reply