La méthode de la macronie est bien rodée maintenant : un semblant de concertation emballé dans un coup de com‘ (Grands débats on s’en bat les steaks, conventions citoyennes aussitôt enterrées, Grenelles de mon cul, CNR bidon, conclave de mes deux…) pour gagner du temps et enfumer la galerie.
Donc les partenaires sociaux savent d’avance qu’ils ne sont là que pour faire de la figuration. Quel que soit le sujet.
Folivao on
**Les syndicats et le patronat doivent se prononcer, d’ici au 1ᵉʳ septembre, sur leur participation à des négociations sur la suppression de deux jours fériés et le lancement d’une nouvelle réforme de l’assurance-chômage.**
Entre le gouvernement et les syndicats, le dialogue s’enraye. Deux courriers adressés aux partenaires sociaux, coup sur coup, vendredi 8 puis samedi 9 août, ont relancé la colère unanime des organisations de salariés et, dans une moindre mesure, celle du patronat à l’encontre du budget 2026 et des réformes sociales que souhaite mener le gouvernement de François Bayrou à l’automne.
Le locataire de Matignon a d’abord fait parvenir une lettre de cadrage fixant les modalités de la négociation sur une nouvelle réforme de l’assurance-chômage ainsi qu’un document d’orientation précisant les modalités de la suppression de deux jours fériés. Dans ses missives, M. Bayrou apparaît déterminé à obtenir 4,2 milliards d’euros dès le budget 2026 avec la suppression de deux jours fériés, « le lundi de Pâques et le 8 mai », pour les salariés du privé et du public, même si les jours envisagés peuvent encore être « discutés », selon le premier ministre.
M. Bayrou annonce que « les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail » et, « en contrepartie, les employeurs du secteur privé s’acquitteront d’une contribution qui sera affectée au budget de l’Etat », telle que le prévoit déjà la journée de solidarité. Quant au durcissement des règles de l’assurance-chômage, il pourrait générer « 4 milliards d’euros d’économies en régime de croisière à partir de 2030 ». « On ne peut pas laisser les dépenses sociales dériver, soutient le député MoDem d’Eure-et-Loir Philippe Vigier, tout le monde doit participer à l’effort du haut au bas de l’échelle, à due proportion. »
Pour parvenir à ses fins, François Bayrou fixe un calendrier serré. Sur le principe, les partenaires sociaux doivent exprimer leur volonté de participer à de nouvelles négociations d’ici au 1er septembre. Si tel était leur souhait, la fin des discussions sur la mesure de suppression de deux jours fériés est prévue au mardi 30 septembre, avant la présentation officielle du budget en conseil des ministres. Quant à la réforme de l’assurance-chômage, la date butoir des discussions est fixée au 15 novembre.
**« Passage en force »**
Mais depuis la présentation des principales orientations du budget, mi-juillet, le torchon brûle entre les organisations syndicales, même les plus promptes à la négociation. « C’est tout sauf du dialogue social, c’est du passage en force à tous les niveaux, déplore Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT. Donc l’heure ne peut être qu’au rapport de force avec le gouvernement. » De son côté, la CFDT n’hésite plus à parler de « déni de démocratie sociale », s’érigeant contre l’avènement d’une sixième réforme de l’assurance-chômage depuis 2017, après l’accord conclu en 2024 entre les syndicats et le patronat.
Dans un communiqué, publié samedi soir, les cinq principales centrales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont attaqué à l’unisson les conditions posées par M. Bayrou. « Les organisations syndicales regrettent profondément cette précipitation du gouvernement et avertissent solennellement que nous sommes à un tournant social et démocratique », prévient l’intersyndicale qui se réunira le 1er septembre pour convenir d’une éventuelle mobilisation d’ampleur à la rentrée, si elle refusait de négocier avec le gouvernement. Ce dernier reprendrait alors la main pour imposer ses propres règles.
Ce communiqué donne un avant-goût de la colère qui essaime dans les différentes corporations, prêtes à engager le conflit avec le gouvernement pour le faire reculer sur ses coupes budgétaires. Un mouvement de grève massif se prépare ainsi à l’AP-HP, le service public de santé d’Ile-de-France, dès la fin du mois d’août. Fin juillet, c’est FO qui a annoncé déposer un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre.
Ce front uni des syndicats était jugé prévisible au sein de l’exécutif alors qu’en parallèle le mouvement contestataire du 10 septembre, Bloquons tout, gagne en notoriété sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo publiée lundi 11 août au soir sur sa chaîne YouTube, « FB direct », M. Bayrou s’adresse à la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui dans un message sur X, avait dénoncé samedi « le choix du passage en force du gouvernement » sur le budget. « Ce n’est pas un passage en force, et c’est d’autant moins un passage en force qu’en réalité les décisions seront prises par le Parlement », avance le premier ministre, qui craint des « sacrifices terribles » si son plan budgétaire n’était pas mis à exécution.
Dans l’attente d’une rentrée sous tension, les partenaires sociaux aiguisent leurs arguments, syndicats comme patronat s’estimant lésés. « C’est une arnaque absolue », a dénoncé, lundi 11 août sur Franceinfo, François Hommeril, président de la CFE-CGC, estimant que M. Bayrou « tire la France vers le bas ». Pour le président du syndicat des cadres, « il n’est pas question d’aller négocier les voies et les moyens par lesquels on va se faire voler », lui qui accuse le gouvernement « d’enrichir un peu plus le patronat » avec sa mesure.
**Le risque de coaliser les colères**
« Ces deux jours travaillés n’apporteront pas automatiquement aux entreprises plus de rentabilité, plus de chiffre d’affaires », a contre-argumenté le même jour Michel Picon, le président de l’U2P, l’Union des entreprises de proximité. A ses yeux, la suppression de deux jours fériés aboutirait à « mettre la pagaille dans le pays » après avoir contribué à « une rentrée avec un climat social épouvantable ».
Convaincu, avec sa copie budgétaire, d’avoir trouvé la martingale pour rétablir les comptes publics, le Béarnais ne veut pas ployer sous la pression de l’opinion et des corps intermédiaires. Très soucieux d’incarner la figure du courage en politique, il encourt toutefois le risque de coaliser les colères sur son budget. « En jouant le premier ministre inflexible, François Bayrou sature les Français et contribue à sa propre chute, lance le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte, il n’a pas de majorité au Parlement pour faire passer ses réformes. »
Pourtant, le gouvernement se prépare à ouvrir un troisième front avec les syndicats. Les partenaires sociaux attendent à la rentrée un troisième courrier qui doit poser les termes d’une négociation pour une réforme visant à « la fluidification du marché du travail ». Les syndicats anticipent déjà un nouveau « musée des horreurs de la stigmatisation des demandeurs d’emploi et de la dérégulation du marché du travail », alors que M. Bayrou martèle que les Français n’ont pas d’autres choix que de travailler plus pour « éviter la catastrophe ».
morinl on
Le jour où Dieu a mis des dents dans la bouche de Bayrou, il a gâché un magnifique trou du cul.
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3 Kommentare
La méthode de la macronie est bien rodée maintenant : un semblant de concertation emballé dans un coup de com‘ (Grands débats on s’en bat les steaks, conventions citoyennes aussitôt enterrées, Grenelles de mon cul, CNR bidon, conclave de mes deux…) pour gagner du temps et enfumer la galerie.
Donc les partenaires sociaux savent d’avance qu’ils ne sont là que pour faire de la figuration. Quel que soit le sujet.
**Les syndicats et le patronat doivent se prononcer, d’ici au 1ᵉʳ septembre, sur leur participation à des négociations sur la suppression de deux jours fériés et le lancement d’une nouvelle réforme de l’assurance-chômage.**
Entre le gouvernement et les syndicats, le dialogue s’enraye. Deux courriers adressés aux partenaires sociaux, coup sur coup, vendredi 8 puis samedi 9 août, ont relancé la colère unanime des organisations de salariés et, dans une moindre mesure, celle du patronat à l’encontre du budget 2026 et des réformes sociales que souhaite mener le gouvernement de François Bayrou à l’automne.
Le locataire de Matignon a d’abord fait parvenir une lettre de cadrage fixant les modalités de la négociation sur une nouvelle réforme de l’assurance-chômage ainsi qu’un document d’orientation précisant les modalités de la suppression de deux jours fériés. Dans ses missives, M. Bayrou apparaît déterminé à obtenir 4,2 milliards d’euros dès le budget 2026 avec la suppression de deux jours fériés, « le lundi de Pâques et le 8 mai », pour les salariés du privé et du public, même si les jours envisagés peuvent encore être « discutés », selon le premier ministre.
M. Bayrou annonce que « les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail » et, « en contrepartie, les employeurs du secteur privé s’acquitteront d’une contribution qui sera affectée au budget de l’Etat », telle que le prévoit déjà la journée de solidarité. Quant au durcissement des règles de l’assurance-chômage, il pourrait générer « 4 milliards d’euros d’économies en régime de croisière à partir de 2030 ». « On ne peut pas laisser les dépenses sociales dériver, soutient le député MoDem d’Eure-et-Loir Philippe Vigier, tout le monde doit participer à l’effort du haut au bas de l’échelle, à due proportion. »
Pour parvenir à ses fins, François Bayrou fixe un calendrier serré. Sur le principe, les partenaires sociaux doivent exprimer leur volonté de participer à de nouvelles négociations d’ici au 1er septembre. Si tel était leur souhait, la fin des discussions sur la mesure de suppression de deux jours fériés est prévue au mardi 30 septembre, avant la présentation officielle du budget en conseil des ministres. Quant à la réforme de l’assurance-chômage, la date butoir des discussions est fixée au 15 novembre.
**« Passage en force »**
Mais depuis la présentation des principales orientations du budget, mi-juillet, le torchon brûle entre les organisations syndicales, même les plus promptes à la négociation. « C’est tout sauf du dialogue social, c’est du passage en force à tous les niveaux, déplore Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT. Donc l’heure ne peut être qu’au rapport de force avec le gouvernement. » De son côté, la CFDT n’hésite plus à parler de « déni de démocratie sociale », s’érigeant contre l’avènement d’une sixième réforme de l’assurance-chômage depuis 2017, après l’accord conclu en 2024 entre les syndicats et le patronat.
Dans un communiqué, publié samedi soir, les cinq principales centrales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont attaqué à l’unisson les conditions posées par M. Bayrou. « Les organisations syndicales regrettent profondément cette précipitation du gouvernement et avertissent solennellement que nous sommes à un tournant social et démocratique », prévient l’intersyndicale qui se réunira le 1er septembre pour convenir d’une éventuelle mobilisation d’ampleur à la rentrée, si elle refusait de négocier avec le gouvernement. Ce dernier reprendrait alors la main pour imposer ses propres règles.
Ce communiqué donne un avant-goût de la colère qui essaime dans les différentes corporations, prêtes à engager le conflit avec le gouvernement pour le faire reculer sur ses coupes budgétaires. Un mouvement de grève massif se prépare ainsi à l’AP-HP, le service public de santé d’Ile-de-France, dès la fin du mois d’août. Fin juillet, c’est FO qui a annoncé déposer un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre.
Ce front uni des syndicats était jugé prévisible au sein de l’exécutif alors qu’en parallèle le mouvement contestataire du 10 septembre, Bloquons tout, gagne en notoriété sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo publiée lundi 11 août au soir sur sa chaîne YouTube, « FB direct », M. Bayrou s’adresse à la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui dans un message sur X, avait dénoncé samedi « le choix du passage en force du gouvernement » sur le budget. « Ce n’est pas un passage en force, et c’est d’autant moins un passage en force qu’en réalité les décisions seront prises par le Parlement », avance le premier ministre, qui craint des « sacrifices terribles » si son plan budgétaire n’était pas mis à exécution.
Dans l’attente d’une rentrée sous tension, les partenaires sociaux aiguisent leurs arguments, syndicats comme patronat s’estimant lésés. « C’est une arnaque absolue », a dénoncé, lundi 11 août sur Franceinfo, François Hommeril, président de la CFE-CGC, estimant que M. Bayrou « tire la France vers le bas ». Pour le président du syndicat des cadres, « il n’est pas question d’aller négocier les voies et les moyens par lesquels on va se faire voler », lui qui accuse le gouvernement « d’enrichir un peu plus le patronat » avec sa mesure.
**Le risque de coaliser les colères**
« Ces deux jours travaillés n’apporteront pas automatiquement aux entreprises plus de rentabilité, plus de chiffre d’affaires », a contre-argumenté le même jour Michel Picon, le président de l’U2P, l’Union des entreprises de proximité. A ses yeux, la suppression de deux jours fériés aboutirait à « mettre la pagaille dans le pays » après avoir contribué à « une rentrée avec un climat social épouvantable ».
Convaincu, avec sa copie budgétaire, d’avoir trouvé la martingale pour rétablir les comptes publics, le Béarnais ne veut pas ployer sous la pression de l’opinion et des corps intermédiaires. Très soucieux d’incarner la figure du courage en politique, il encourt toutefois le risque de coaliser les colères sur son budget. « En jouant le premier ministre inflexible, François Bayrou sature les Français et contribue à sa propre chute, lance le député socialiste du Calvados Arthur Delaporte, il n’a pas de majorité au Parlement pour faire passer ses réformes. »
Pourtant, le gouvernement se prépare à ouvrir un troisième front avec les syndicats. Les partenaires sociaux attendent à la rentrée un troisième courrier qui doit poser les termes d’une négociation pour une réforme visant à « la fluidification du marché du travail ». Les syndicats anticipent déjà un nouveau « musée des horreurs de la stigmatisation des demandeurs d’emploi et de la dérégulation du marché du travail », alors que M. Bayrou martèle que les Français n’ont pas d’autres choix que de travailler plus pour « éviter la catastrophe ».
Le jour où Dieu a mis des dents dans la bouche de Bayrou, il a gâché un magnifique trou du cul.