
Xavier Timbeau, Direktor von OFCE: „Mit seinem Budget ist François Bayrou zu wenig beschränkt, um das Vertrauen in die Zukunft Frankreichs wiederherzustellen.“
https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/18/xavier-timbeau-directeur-de-l-ofce-avec-son-budget-francois-bayrou-s-attache-trop-peu-a-redonner-confiance-dans-l-avenir-de-la-france_6622036_3232.html
Von Late-Light1348
4 Kommentare
„Aveuglé par la métaphore du ménage qui dépense trop, le premier ministre, François Bayrou, oublie la complexité de la situation budgétaire d’un Etat“
Quoi?! Ne pas prendre en compte les travaux des economistes a un effet néfaste sur l’économie?
Qui aurait pu prévoir
Quoi? Le défenseur des pédophiles a des problèmes de jugement?
Xavier Timbeau, directeur de l’OFCE : « Avec son budget, François Bayrou s’attache trop peu à redonner confiance dans l’avenir de la France »
Aveuglé par la métaphore du ménage qui dépense trop, le premier ministre, François Bayrou, oublie la complexité de la situation budgétaire d’un Etat, selon le directeur principal de l’Observatoire français des conjonctures économiques.
Le premier ministre, François Bayrou, vient de livrer son projet de budget. S’appuyant sur un diagnostic alarmant, il a annoncé que le déficit public en 2026, estimé à 4,6 % du produit intérieur brut (PIB), soit 140 milliards d’euros, serait inférieur de 0,8 point à celui prévu pour 2025, dont il n’est pas tout à fait sûr qu’il sera réalisé. Entre 2024 et 2026, l’effort budgétaire cumulé – la somme de toutes les hausses d’impôts et baisses des dépenses – devrait être de 1,7 point de PIB, soit 50 milliards d’euros. La potion est amère et violente. Elle ne fait qu’amorcer un programme encore plus sévère, si on en croit le programme budgétaire à moyen terme, actualisé en avril.
La situation est alarmante, pour sûr. Le déficit public de 2024 induit une hausse de la dette publique de plus de 3 points de PIB, qu’il est impératif de contrôler. Ce contrôle est nécessaire pour que l’Etat français puisse continuer d’emprunter à des taux modérés. La dette publique est encore considérée comme un actif sûr, et tout doit être fait pour conforter ce statut, afin que la seule question qu’elle soulève demeure celle de l’équité entre les générations.
La France n’est ni la Grèce des années 2009-2011 (finances publiques hors de contrôle, manipulations comptables, abandon par les partenaires) ni l’Irlande ou l’Espagne de l’après-crise financière (lourds déséquilibres extérieurs, dettes privées et systèmes bancaires à l’agonie). Mais la confiance de la Banque centrale européenne, des partenaires européens ou des marchés financiers n’en reste pas moins un enjeu majeur.
Cela impose de réduire le déficit public rapidement et efficacement, mais aussi de ne pas céder à la panique et de s’attacher à redonner confiance dans l’avenir de la France. Au-delà du déficit public, le pays souffre de nombreux maux : un taux d’épargne trop élevé, un taux d’activité des seniors insuffisant, des services publics dont la qualité est inférieure à celle de ses partenaires, et qui sont essentiels pour le futur, des investissements trop longtemps différés dans la transition environnementale, ainsi qu’une insuffisance de production pour la sécurité, qui nécessiterait des efforts tant quantitativement que qualitativement.
Tous ces chantiers ont en commun d’engager notre responsabilité sur ce que nous laisserons aux générations futures – dont la dette publique n’est qu’un élément. Rétablir nos finances publiques ne se fera pas par une année blanche, mais par l’activation de chacun de ces leviers.
Incohérence
La crédibilité est la clé du rétablissement. Economiquement, elle rassure les marchés et influe directement sur le coût de notre dette. Politiquement, elle rend possibles les compromis et les alliances nécessaires pour se projeter de nouveau vers l’avenir. Socialement, elle offre une perspective de justice, essentielle pour mobiliser ceux qui seront mis à contribution. Enfin, de manière pragmatique, elle s’inscrit au cœur de l’équation complexe à laquelle nous devons apporter des réponses.
Le plan de François Bayrou ne coche aucune de ces cases. Aveuglé par la métaphore du ménage qui dépense trop, il oublie la complexité de la situation budgétaire d’un Etat – dont dépend l’activité du pays. Parce qu’ils pèsent sur la croissance (et donc sur les recettes publiques qu’elle génère), les efforts pour réduire le déficit, s’ils sont mal calibrés, n’atteignent pas leur objectif. De ce point de vue, croire que le déficit public se réduira de 1,2 point de PIB après une cure d’austérité de 1,7 point est dangereux. Selon nos analyses, une réduction du déficit public entre 2024 et 2026 de 0,8 point, portant le PIB un peu au-dessus de 5 %, serait déjà un beau résultat.
Les prochaines notifications de déficit public constaté engendreront de la déception et ne convaincront pas d’une situation sous contrôle, sauf à empiler des mesures de court terme jusqu’à la rupture. Réduire l’assurance chômage, alors que le taux de chômage pourrait atteindre 9 % dès 2027, illustre l’écart entre la volonté et la raison. Ne rien proposer pour améliorer la qualité des services publics, si ce n’est le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, ou affirmer que les coupes budgétaires dans la transition environnementale ne remet pas en question son statut de deuxième priorité gouvernementale, relève de la même incohérence.
Le risque pris par François Bayrou est grand. Dresser un tableau catastrophiste peut satisfaire quelques cassandres, mais cela décourage toute discussion. Manquer les objectifs annoncés solennellement reviendrait à imiter Gribouille se jetant dans la mare pour ne pas être mouillé par la pluie. Ce n’est pas comme ça que l’on mobilisera un pays pour réformer son système de retraite, remettre sur pied son système éducatif ou attirer des chercheurs que d’autres repoussent, notamment les Etats-Unis. Ce n’est pas non plus de cette manière que l’on pourra bâtir une coalition politique de ceux qui sont prêts à des compromis. Et ce n’est pas non plus ainsi que l’on convaincra tous ceux qui nous regardent avec attention que la France maîtrise sa trajectoire politique, sociale et économique.
non mais je ne pense même pas que cela ait été une seule seconde dans le projet, la foi en l’avenir de ce pays