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  1. Marlène Schiappa, Olivier Dussopt, Amélie Oudéa-Castéra, Sylvie Goulard ou encore Stéphane Courbit sont promus ce 18 janvier malgré les affaires dans lesquelles ils ont été éclaboussés à des degrés divers.

    Pour être décoré de la Légion d’honneur, il semble que les vertus morales et le sens de l’éthique importent beaucoup moins que le simple fait d’être bien en cour avec le pouvoir politique du moment. Retardée de quelques jours pour cause de passation de pouvoirs à Matignon, la traditionnelle promotion du 1er janvier, publiée ce samedi 18 janvier au Journal officiel, ne déroge pas à cette curieuse règle.

    Parmi les grognards de la Macronie récompensés pour leur fidélité au monarque républicain, on remarque Marlène Schiappa, qui a obtenu trois maroquins ministériels entre 2020 et 2023, et dont on retiendra surtout son rôle dans le scandale du fonds Marianne, lancé quelques mois après l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, lorsqu’elle était ministre déléguée chargée de la citoyenneté.

    La gestion du fonds Marianne s’est avérée une gabegie sur fonds publics, qui n’a profité qu’à des courtisans du pouvoir. Une opération qui restera comme « la dérive d’un coup politique », a tranché une commission d’enquête sénatoriale. La responsabilité de Marlène Schiappa dans ce naufrage a été directement pointée par l’inspection générale de l’administration. Sa légion d’honneur lui est attribuée sur le quota du nouveau premier ministre, François Bayrou.

    Autre décoré, l’ancien ministre du travail (2022-2024) Olivier Dussopt, qui a piloté la réforme des retraites après avoir été chargé des comptes publics. Longtemps maire d’Annonay (Ardèche), l’édile a entretenu des relations suivies avec la Saur. Le géant de l’eau, numéro trois français, lui avait offert des œuvres du peintre Gérard Garouste, après avoir emporté un marché dans sa commune quelques années plus tôt. Des cadeaux que l’élu n’avait pas déclarés et a été contraint de restituer à l’entreprise, après leur révélation par Mediapart.

    Jugé en janvier 2024 pour favoritisme sur un marché de la Saur passé avec sa commune, Olivier Dussopt a bénéficié d’une relaxe, dont le parquet national financier a immédiatement fait appel. Le nouveau jugement doit être rendu le 7 février. Sa Légion d’honneur lui est attribuée sur le quota de la ministre du travail, Catherine Vautrin.

    Également promue, l’éphémère ministre des armées Sylvie Goulard (un mois et quatre jours, en 2017) a fait partie des personnalités du MoDem mises en cause dans l’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen. Soupçonnée d’avoir salarié fictivement un assistant lorsqu’elle était eurodéputée, Sylvie Goulard avait été contrainte de quitter le gouvernement avant d’accepter de rembourser 45 000 euros au Parlement européen pour cet emploi fantôme, échappant finalement à un procès, à la différence de plusieurs de ses anciens collègues.

    Choisie malgré ses soucis judiciaires par Emmanuel Macron, en 2019, pour siéger à la Commission européenne, Sylvie Goulard avait été recalée par une majorité de députés européens. Un camouflet inédit pour la France. Sa décoration est étonnamment attribuée sur le contingent du ministère de la transition écologique.

    **Amélie Oudéa-Castéra, récompensée malgré le scandale**

    Une quatrième étoile déchue de la Macronie complète ce tableau : Amélie Oudéa-Castéra, ministre de l’éducation pendant vingt-huit jours, en cumul de la conduite du ministère des sports pendant deux ans, avant d’être emportée dans l’affaire Stanislas. Tout en critiquant l’école publique, la ministre a soutenu plus que de mesure cet établissement catholique ultra-select, mis en cause pour discrimination, où l’homophobie, le sexisme et les humiliations étaient choses courantes.

    Comme l’a révélé Mediapart, la ministre avait en fait scolarisé ses trois enfants à Stanislas, en contournant Parcoursup pour l’un d’entre eux et en choisissant des classes non mixtes. Après des justifications piteuses, Amélie Oudéa-Castéra a dû quitter son ministère. Tant de souffrances valaient bien une breloque, prise sur le quota du ministère des sports.

    Au ministère de la culture, la sarkozyste Rachida Dati a accordé la Légion d’honneur à l’homme d’affaires Stéphane Courbit, président du puissant groupe Banijay, qui possède notamment la société de production de Cyril Hanouna. Stéphane Courbit a été condamné définitivement dans l’affaire Bettencourt, en 2015. Il avait obtenu de la milliardaire Liliane Bettencourt, déjà diminuée, qu’elle investisse 143 millions d’euros en 2010-2011 dans son entrepris Lov Group. Condamné à une amende de 250 000 euros pour abus de faiblesse, l’homme d’affaires n’avait pas fait appel. Il avait ensuite obtenu que cela ne figure pas sur son casier judiciaire.

    Un décret spécial élève enfin à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur le préfet Patrick Strzoda, ancien directeur de cabinet (2017-2024) d’Emmanuel Macron, épinglé par la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla. Fait officier de la Légion d’honneur en 2011, Patrick Strzoda aurait normalement dû accéder au grade suivant, celui de commandeur.

    Mais la présidence de la République s’est appuyée sur une disposition spéciale du Code de la Légion d’honneur, prévue pour « récompenser des carrières hors du commun », pour que l’ancien collaborateur du président puisse grimper de deux grades d’un coup. L’une des dernières personnalités à avoir pu bénéficier de ce traitement sur mesure était un certain François Bayrou. Après avoir refusé les décorations dans le passé, l’actuel premier ministre avait directement intégré l’ordre de la Légion d’honneur au grade d’officier (sans passer par la case chevalier) à la suite d’une décision de l’Élysée en 2022.

    Au Journal officiel du 18 janvier, il manque un décret présidentiel : celui qui retirerait sa Légion d’honneur à Nicolas Sarkozy, définitivement condamné pour corruption active dans l’affaire Bismuth, alors que le dossier d’exclusion est prêt. Un oubli d’Emmanuel Macron, sans doute.

    Michel Deléan et Antton Rouget

  2. Ils avaient proposé la légion d’honneur à Sophie Binet (et tant qu’à tout oser c’était en pleine manifestations contre la réforme des retraites)
    Évidemment elle avait refusé, cette légion du déshonneur

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