„Übermitteln Sie unsere Zeugnisse, wo immer es möglich ist“: Im Iran beschreiben Bürger die Apokalypse

https://www.humanite.fr/monde/iran/transmettez-nos-temoignages-partout-ou-cest-possible-en-iran-les-citoyens-decrivent-lapocalypse

Von Folivao

4 Kommentare

  1. **Dans la capitale iranienne, Arya décrit des hôpitaux où sont empilés les corps les uns sur les autres, et des morgues qui n’ont même plus de place. Dans la province du Guilan, à Lahidjan, sur le littoral de la Caspienne, Kourosh, lui, témoigne d’une répression à l’arme de guerre et des corps enterrés en secret.**

    « Les autorités ont réussi à imposer un black-out complet en coupant toutes les communications, pour pouvoir nous tuer en silence, ces salauds. Le massacre est total dans de nombreux quartiers de Téhéran. Ils ont coupé l’électricité, comme à Punak par exemple, pour nous plonger dans l’obscurité. Dans ce chaos organisé, ils arrivent avec des armes lourdes et se déchaînent sur nous. Vous ne pouvez pas imaginer. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça de toute ma vie. C’est l’apocalypse.

    Transmettez nos témoignages partout où c’est possible. Pour que cette horreur s’arrête. Je ne sais plus quoi faire. Dans les hôpitaux, ils empilent les corps les uns sur les autres. Les morgues n’ont même plus de place. On ne peut ni dormir la nuit, ni vivre normalement, le stress est insupportable.

    Il y a des affrontements partout, du feu partout. J’ai vu que dans toutes les villes d’Europe et ailleurs dans le monde, il y a des manifestations. Les Iraniens sont sortis dans la rue, mais je ne comprends pas pourquoi personne ne réagit vraiment. Pourquoi rien ne se passe ? Si ça devient une guerre d’usure, ils continueront à tuer. »

    Dans la province du Guilan, à Lahidjan, sur le littoral de la Caspienne, Kourosh (son prénom a été modifié) témoigne d’une répression à l’arme de guerre et des corps enterrés en secret. « Je n’avais jamais vu une telle violence à Lahidjan et dans la province du Guilan. En quelques heures, tout a basculé. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des gens totalement désarmés. J’ai couru sous les tirs. J’entendais les balles siffler près de mes oreilles, puis j’ai vu des gens tomber.

    Une seconde après, leurs corps étaient totalement déchiquetés : la tête, le dos, les bras. J’ai alors compris qu’ils tiraient avec des munitions de guerre. Les rues étaient couvertes de sang. Un jeune homme d’environ 20 ans est mort sur mes genoux. Il n’avait ni papiers ni téléphone. Nous avons tenté de le réanimer, en vain. Son sang avait séché sur ma peau. Cette image ne me quittera jamais.

    Ce massacre a été suivi d’un silence total. Internet coupé, communications impossibles. Personne n’ose garder des images : les téléphones sont fouillés, les gens arrêtés. La peur est partout. Les chiffres officiels n’ont rien à voir avec la réalité. Des milliers de morts, peut-être des dizaines de milliers.

    Beaucoup ont été enterrés en secret. Les familles n’ont parfois appris la mort de leurs proches que quelques jours plus tard, sous la menace de se taire. Je ne sais pas pourquoi je suis encore en vie. Je ne sais pas s’il faut espérer ou désespérer. Tout ce que je sais, c’est que les meilleurs et les plus courageux de ce pays ont été tués dans la rue, et que le monde nous regarde mourir en silence. »

  2. IntelArtiGen on

    > Transmettez nos témoignages partout où c’est possible. Pour que cette horreur s’arrête.

    Ouais… bah je serai pas trop optimiste à leur place.

    > le monde nous regarde mourir en silence.

    Eux et beaucoup beaucoup beaucoup d’autres.

  3. SowetoNecklace on

    Je suis loin d’être un expert de la politique intérieure iranienne, vraiment pas du tout. Mais là, je ne comprends pas le régime.

    C’est pas la première fois qu’il y a des immenses manifs dans le pays, mais les mollahs/les pasdaran/la classe politique plus généralement semblait capable de faire quelques concessions au milieu de la répression, lâcher d’une main pour regagner de l’autre, ne serait-ce qu’en apparence. Cette fois, non.

    Alors oui, les manifestants semblent vouloir explicitement la fin de la République islamique, ok. Mais ça signifie que le régime est tellement acculé qu’il n’a plus aucune marge de manœuvre ? Aucune réforme de façade pour calmer la contestation ?

    Pour comparer, même Assad en Syrie avait commencé en faisant des concessions en parallèle de la répression.

    Maintenant, je n’ai aucune idée sur ce que serait la réponse internationale. Faire tomber le régime ? On a déjà essayé en Afghanistan, on sait ce que ça a donné. Soutenir les rebelles ? On a déjà donné en Syrie. Les Turcs et les Pakistanais vont probablement avoir peur d’une chute de la République islamique, de peur d’avoir la mère de toutes les crises de réfugiés sur les bras, et j’imagine mal qu’ils soutiennent une intervention. Les pays arabes doivent se délecter de voir la chute, mais vont aussi avoir un peu la trouille du rebattement de cartes que ça représenterait (sauf l’Arabie saoudite, à qui ce rebattement profiterait en premier lieu). Je sais même pas qui militerait pour faire quoi.

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