„Russische Geheimnisse“: Wie Russland mit europäischer Ausrüstung ein Spionagenetzwerk in der Arktis aufbaute

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/10/23/russian-secrets-comment-la-russie-a-bati-un-reseau-d-espionnage-dans-l-arctique-avec-des-equipements-europeens_6648953_4355770.html

    Von Folivao

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    4 Kommentare

    1. **Grâce à des sociétés-écrans, Moscou a acquis des technologies occidentales de pointe qui ont alimenté un réseau sous-marin secret visant à protéger ses armes nucléaires. L’affaire interroge la capacité de l’Europe à empêcher l’exportation de technologies sensibles vers la Russie.**

      Des produits occidentaux de haute technologie qui aident la Russie à protéger son arsenal nucléaire dans l’Arctique : l’information paraît impensable, dans le contexte de guerre en Ukraine et de renforcement de la menace militaire russe contre l’Europe. Et pourtant.

      L’enquête « Russian Secrets », à laquelle a participé Le Monde, révèle comment, dans les profondeurs de la mer de Barents, en bordure de l’océan Arctique, Moscou a déployé un réseau sous-marin secret composé de milliers de kilomètres de câbles, de capteurs et de sonars destinés à protéger ses sites nucléaires. Ce système d’écoute et d’espionnage, conçu pour détecter les sous-marins de l’OTAN, s’appuie sur des matériels de pointe provenant d’Europe, des Etats-Unis et du Japon, acquis à travers un réseau opaque de sociétés-écrans.

      Notre enquête collaborative, coordonnée par la chaîne de télévision allemande NDR, livre des détails inédits sur ce projet militaire secret, dénommé « Harmonie » (Гармония). En croisant des documents judiciaires allemands, des fuites de documents financiers, des recherches en sources ouvertes ainsi que des entretiens avec des experts militaires et scientifiques, Le Monde et ses neuf partenaires ont pu décortiquer la façon dont la Russie a mis sur pied ce réseau stratégique de surveillance sous-marine depuis 2012.

      **Un système au service de la dissuasion nucléaire russe**

      Pour construire « Harmonie », la Russie s’est procuré un véritable arsenal de biens dits « à double usage ». Ces équipements, pensés pour des applications civiles à but scientifique ou industriel mais susceptibles d’être détournés de leur usage à des fins militaires, font l’objet d’une réglementation européenne depuis 2021. Les plus sensibles d’entre eux doivent désormais obtenir des autorisations d’exportation délivrées par les Etats.
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      Des factures attestent que, parmi les équipements qui ont servi à bâtir le réseau « Harmonie », figurent des sonars américains de haute précision capables de cartographier le fond des mers et de détecter les signatures acoustiques des sous-marins ; des drones submersibles britanniques, conçus pour opérer à plusieurs milliers de mètres de profondeur et relever des données sous-marines de façon autonome ; ou encore des antennes suédoises, des systèmes de positionnement acoustiques de haute précision allemands ainsi que des enregistreurs acoustiques sous-marins français. Soit autant d’instruments destinés à transmettre en continu les informations collectées dans les profondeurs marines.
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      Ces documents contiennent aussi des preuves d’achat de milliers de kilomètres de câbles optiques sous-marins provenant d’Allemagne et du Japon, essentiels pour relier les capteurs acoustiques submergés et transmettre les données à l’ensemble du réseau « Harmonie ». Ensemble, ces matériels forment un système intégré, capable de surveiller de vastes étendues dans l’Arctique, où une bonne partie des sous-marins russes assurent la dissuasion nucléaire de Moscou.

      **Une flottille vieillissante sous couverture**

      Les câbles et les instruments d’écoute acquis par Moscou ont été installés par une flottille de neuf bateaux, rachetés eux aussi, pour la plupart, à des entreprises occidentales. Ces navires rappellent par de nombreux aspects la fameuse flotte fantôme russe utilisée par le Kremlin pour contourner l’embargo sur le pétrole : vieillissants, ils opèrent souvent sous couverture. C’est ainsi que cette flottille associe des câbliers traditionnels avec des navires faussement classés dans la catégorie « recherche océanographique », selon une technique de dissimulation rodée pour cacher la nature militaire de ces opérations.

      C’est en suivant la route de ces navires que les journalistes du consortium « Russian Secrets » ont pu cartographier cette infrastructure sous-marine secrète jusqu’en mer de Barents. L’analyse de leurs positions GPS sur plusieurs années a permis d’identifier les lieux de déploiement de ces matériels puis de localiser les centres névralgiques du projet « Harmonie » : Mourmansk, la Nouvelle-Zemble – un site connu d’essais nucléaires – et la terre d’Alexandra – qui abrite des positions militaires russes.

      **Un Etat européen au cœur du réseau**

      Les navires de la flotte « Harmonie » ont été vendus à Moscou en toute connaissance de cause par certains de leurs anciens propriétaires, de petits armateurs européens : leur port d’attache – Mourmansk, principal bastion de la flotte nucléaire russe – était, en effet, clairement mentionné dans les contrats de vente obtenus par notre consortium.

      Mais qu’en est-il des composants technologiques qui forment la colonne vertébrale du réseau de surveillance ? Les entreprises occidentales qui les ont fournis savaient-elles vraiment qu’elles avaient pour destination la Russie ? Et pouvaient-elles imaginer que ces équipements seraient détournés à des fins militaires ?

      Notre enquête montre que Moscou a avancé masqué, selon un mode opératoire prisé du Kremlin. Un réseau complexe de sociétés-écrans a été mis sur pied pour acheter bateaux et matériels d’espionnage en cachant leur destination réelle. Si la plupart de ces entités ont été immatriculées dans d’opaques et lointains centres offshore (îles Vierges britanniques, Belize), c’est à Chypre, Etat membre de l’Union européenne (UE) souvent pointé pour ses liens économiques étroits avec la Russie et la faiblesse de ses réglementations, qu’a été installée l’entité organisatrice du système : Mostrello Commercial Limited.

      Créée le 14 mars 2011 et installée dans un centre d’affaires d’apparence anodine, Mostrello se présente sur son site Web sommaire comme « une jeune entreprise en pleine croissance qui opère dans le domaine des câbles sous-marins à fibres optiques », et vante son savoir-faire en matière d’expéditions océanographiques et sous-marines.

      En réalité, elle a surtout servi de noyau dur au système d’approvisionnement russe, orchestrant l’achat de technologies internationales et leur transfert discret vers les chantiers militaires de Mourmansk. Pour masquer l’origine du commanditaire et la destination des opérations, les architectes du montage ont multiplié les couches d’opacité, allant jusqu’à créer un trust, une structure juridique offrant un niveau d’anonymat presque total, conçue pour effacer toute trace de propriété réelle.

    2. igomarsound on

      Une bonne âme pour contourner le mur de paye ?
      Edit merci !

      Les russes et leur „harmonie“ nucléaire. Presque autant flippant que leur [centrale nucléaire flottante ](https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_flottante_russe) et leur mainmise générale sur l’Arctique à des fins d’exploitation de ressources naturelles et géostratégiques.

      Tout va bien c’est du

      N
      U
      C
      L
      É
      A
      I
      R
      E

      que pourrait-il se passer de mal ?

    3. EasterAegon on

      L’OTAN/Les américains ont le même type de capteurs déployés entre l’Islande et l’Écosse et entre l’Islande et le Groenland (tiens tiens) depuis la guerre froide. Ont ils été actualisés depuis et sont ils adaptés aux sous marins russes modernes? Je l’ignore.

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