L’une des plus graves fraudes scientifiques, au moins au niveau de Andrew Wakefield, et quasiment aucune répercussions.
mightygilgamesh on
les dégâts sont pas qu’à l’IHU. La BU de la fac de science St-Charles, je me rappelle voir les 15 exemplaires du bouquin de Raoult mis bien en évidence dès l’entrée…
Alps_Disastrous on
Oui, mais ils ne sont pas assez intelligents pour se mettre à son niveau, tu comprends.
Rumengol on
Le plus effrayant dans cette histoire, c’est encore le nombre de personnes qui le défendent dans les commentaires de l’article. Pour un peu on se croirait sur le site du Figaro vu le nombre de délires complotistes.
floriande on
Eh on se rappelle quand Macron était allé le voir et c’était filmé et tout ? 🙂
navetzz on
Alors c’est pas un bouc émissaire parce qu’il est clairement coupable, mais il y a un moment il va falloir arrêter de tout mettre sur le dos de Raoult et faire comme si IHU de Marseille est une victime innocente. Parce que ce joyeux petit bordel n’est pas arrivé tout seul.
shadyline on
Merci Le Figaro et les politiciens de droite. Ce mec est une fraude, tout le monde le savait et pourtant il était constamment mis en avant dans les médias pendant la crise du covid..
EHStormcrow on
Merci le HCERES pour cette évaluation. On rappellera que des populistes souhaitent s’en séparer (mais ça devrait pas aboutir).
Verethra on
IHU de Marseille : un nouveau rapport
pointe les ravages de l’héritage de Didier
Raoult
Parti en septembre 2022, Didier Raoult a laissé
derrière lui un institut très affaibli. C’est ce que
pointe un nouveau rapport du Haut Conseil de
l’évaluation de la recherche. Malgré quelques
améliorations, les inspecteurs déplorent que les
auteurs de fraudes scientifiques soient encore en
poste.
Pascale Pascariello – 22 mai 2025 à 07h08
Comment se relever de « manquements graves à
l’éthique dans la conduite des études cliniques », de
« méconduites scientifiques » et d’une « communication
publique irresponsable » ? En somme, comment l’institut
hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection de
Marseille se rétablit-il de plus dix années passées sous la
direction du Pr Didier Raoult ?
Malgré certaines améliorations notables depuis son
départ, en septembre 2022, les « faiblesses » de l’IHU sont
encore nombreuses et méritent « une vigilance
particulière ». L’institut, spécialisé dans la lutte contre
les maladies infectieuses, a encore tendance à « produire
en quantité des publications au détriment de la qualité »
et doit encore apporter toutes les garanties qu’aucune
fraude ne sera, de nouveau, commise. Et, pour cela, il est
« impérativement » recommandé à l’institut de « mettre
un terme aux responsabilités de toute personne ayant
participé à l’ancienne équipe de direction de l’IHU » et
impliquée dans les falsifications et dérives passées. Ces
préconisations doivent être suivies « avant toute décision
de refinancement, si l’État décidait d’aller dans ce sens ».
Ce constat, sans concession, est celui que dresse une
dizaine de chercheurs et chercheuses mandaté·es pour
inspecter l’IHU par le Haut Conseil de l’évaluation, de la
recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres),
autorité publique indépendante.
À l’issue de leur visite menée en octobre 2024 et des
différentes réponses qui ont été apportées par les
membres fondateurs, parmi lesquels l’Assistance
publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et l’université
d’Aix-Marseille, ils viennent de conclure leur rapport,
rendu public le 21 mai.
En préambule, cette dizaine d’expert·es européen·nes
prennent soin de rappeler « la crise majeure » qu’a
traversée l’IHU. « Sous l’impulsion de la précédente
direction », et notamment pendant la crise sanitaire liée
au covid-19, de « graves manquements en matière
d’éthique et d’intégrité scientifique » ont été commis. Ces
« dérives » ont été aggravées « par une crise de
gouvernance interne relevant des dysfonctionnements
structurels profonds ».
L’insistance du rapport sur les manquements et leurs
gravités permet de mesurer l’ampleur des ravages causés
à l’IHU par la gestion de Didier Raoult et certains de ses
plus proches adjoints. Les auteurs rappellent en
particulier que l’IHU a conduit plusieurs recherches
cliniques en dehors de toutes règles éthiques, « une
infraction qui constitue un manquement à l’intégrité
scientifique ».
Plusieurs rapports d’inspections, dont celui de l’Agence
nationale de sécurité du médicament et des produits de
santé (ANSM), en novembre 2021, ont révélé que des
études ont été menées sans le consentement des
patient·es, ou de leurs parents lorsqu’il s’agissait de
mineur·es.
**Des auteurs de falsifications scientifiques
toujours en poste**
L’IHU s’est affranchi « des garde-fous essentiels à la
conduite de recherche scientifique en santé et à la
protection des patients ». Ce qui a valu à l’institut d’être
interdit de mener, pendant un an, des recherches
impliquant la personne humaine, et provoqué
l’ouverture d’une enquête judiciaire, toujours en cours.
À cela, il convient d’ajouter que durant « la période de
crise du covid-19 », de nombreux membres de l’IHU se « sont livrés à des communications irresponsables dont le
retentissement a été international et les conséquences
néfastes ». Ces « manquements […] inadmissibles » vont
continuer, selon les évaluateurs, « à peser durablement
sur la réputation de l’IHU ».
Certes, les chercheurs relèvent un certain nombre de
changements au sein de l’IHU, qui s’est doté de deux
comités, l’un chargé des questions d’éthique et l’autre de
la prévention des conflits d’intérêts. Ces dispositifs
permettent de « garantir le respect des règles d’éthiques
scientifiques », mais encore faut-il que le personnel de
l’IHU s’en saisisse.
Or, ainsi qu’ils le constatent, l’IHU comprend encore un
« nombre important d’auteurs d’études rétractées », c’est-
à-dire de travaux universitaires officiellement désavoués.
Et si la part de responsabilité de Didier Raoult est
« grande », écrivent-ils, « elle a été partagée par tous ceux
qui se sont affranchis des normes et lignes directrices
internationales en matière de respect des personnes » ainsi
que celles et ceux qui, bien qu’informé·es de ces dérives,
ont laissé faire.
Catégorique, le comité estime qu’« un si lourd passif
appelle à des mesures plus radicales que celles qui ont été
prises jusqu’à présent par l’IHU ». En somme, la présence
au sein de l’IHU de chercheurs « directement impliqués
dans les dérives passées et actuellement visés par des
enquêtes » n’est plus acceptable, juge-t-il. Certains, dont
Matthieu Million et Philippe Gautret (cosignataire avec
Didier Raoult de l’étude sur l’hydroxychloroquine), sont
encore à des postes à responsabilités au sein de l’IHU.
Sans les citer nominativement, le comité recommande de
les écarter. À la tête du pôle des maladies infectieuses,
Jean-Christophe Lagier continue de défendre l’héritage
de Didier Raoult avec à ses côtés les élèves de la première
heure et fidèles du professeur, Philippe Brouqui, Michel
Drancourt, Philippe Parola et Eric Chabrière.
Par ailleurs, si plusieurs publications ont déjà été retirées
par les éditeurs (le 28 avril 2025, on en comptait
quarante-trois), ils regrettent que l’IHU n’ait pas, de lui-
même, cherché à épurer l’ensemble des publications
passées. Ils le déplorent, mais « toute la lumière n’a pas
encore été faite » sur les falsifications scientifiques « qui
ont entaché l’activité de recherche de l’IHU, en particulier
sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine ».
Ce constat n’est pas nouveau puisqu’en 2017, lors de sa
précédente évaluation, le Hcéres regrettait déjà que la
priorité soit donnée au « volume de publications plutôt
qu’à leur qualité ». Ce qui avait alors conduit le Centre
national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut
national de la santé et de la recherche médicale (Inserm),
deux de ses établissements de tutelle, à retirer leur label.
Depuis, l’Institut de recherche pour le développement
(IRD) a également retiré son soutien à l’IHU.
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9 Kommentare
L’une des plus graves fraudes scientifiques, au moins au niveau de Andrew Wakefield, et quasiment aucune répercussions.
les dégâts sont pas qu’à l’IHU. La BU de la fac de science St-Charles, je me rappelle voir les 15 exemplaires du bouquin de Raoult mis bien en évidence dès l’entrée…
Oui, mais ils ne sont pas assez intelligents pour se mettre à son niveau, tu comprends.
Le plus effrayant dans cette histoire, c’est encore le nombre de personnes qui le défendent dans les commentaires de l’article. Pour un peu on se croirait sur le site du Figaro vu le nombre de délires complotistes.
Eh on se rappelle quand Macron était allé le voir et c’était filmé et tout ? 🙂
Alors c’est pas un bouc émissaire parce qu’il est clairement coupable, mais il y a un moment il va falloir arrêter de tout mettre sur le dos de Raoult et faire comme si IHU de Marseille est une victime innocente. Parce que ce joyeux petit bordel n’est pas arrivé tout seul.
Merci Le Figaro et les politiciens de droite. Ce mec est une fraude, tout le monde le savait et pourtant il était constamment mis en avant dans les médias pendant la crise du covid..
Merci le HCERES pour cette évaluation. On rappellera que des populistes souhaitent s’en séparer (mais ça devrait pas aboutir).
IHU de Marseille : un nouveau rapport
pointe les ravages de l’héritage de Didier
Raoult
Parti en septembre 2022, Didier Raoult a laissé
derrière lui un institut très affaibli. C’est ce que
pointe un nouveau rapport du Haut Conseil de
l’évaluation de la recherche. Malgré quelques
améliorations, les inspecteurs déplorent que les
auteurs de fraudes scientifiques soient encore en
poste.
Pascale Pascariello – 22 mai 2025 à 07h08
Comment se relever de « manquements graves à
l’éthique dans la conduite des études cliniques », de
« méconduites scientifiques » et d’une « communication
publique irresponsable » ? En somme, comment l’institut
hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection de
Marseille se rétablit-il de plus dix années passées sous la
direction du Pr Didier Raoult ?
Malgré certaines améliorations notables depuis son
départ, en septembre 2022, les « faiblesses » de l’IHU sont
encore nombreuses et méritent « une vigilance
particulière ». L’institut, spécialisé dans la lutte contre
les maladies infectieuses, a encore tendance à « produire
en quantité des publications au détriment de la qualité »
et doit encore apporter toutes les garanties qu’aucune
fraude ne sera, de nouveau, commise. Et, pour cela, il est
« impérativement » recommandé à l’institut de « mettre
un terme aux responsabilités de toute personne ayant
participé à l’ancienne équipe de direction de l’IHU » et
impliquée dans les falsifications et dérives passées. Ces
préconisations doivent être suivies « avant toute décision
de refinancement, si l’État décidait d’aller dans ce sens ».
Ce constat, sans concession, est celui que dresse une
dizaine de chercheurs et chercheuses mandaté·es pour
inspecter l’IHU par le Haut Conseil de l’évaluation, de la
recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres),
autorité publique indépendante.
À l’issue de leur visite menée en octobre 2024 et des
différentes réponses qui ont été apportées par les
membres fondateurs, parmi lesquels l’Assistance
publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et l’université
d’Aix-Marseille, ils viennent de conclure leur rapport,
rendu public le 21 mai.
En préambule, cette dizaine d’expert·es européen·nes
prennent soin de rappeler « la crise majeure » qu’a
traversée l’IHU. « Sous l’impulsion de la précédente
direction », et notamment pendant la crise sanitaire liée
au covid-19, de « graves manquements en matière
d’éthique et d’intégrité scientifique » ont été commis. Ces
« dérives » ont été aggravées « par une crise de
gouvernance interne relevant des dysfonctionnements
structurels profonds ».
L’insistance du rapport sur les manquements et leurs
gravités permet de mesurer l’ampleur des ravages causés
à l’IHU par la gestion de Didier Raoult et certains de ses
plus proches adjoints. Les auteurs rappellent en
particulier que l’IHU a conduit plusieurs recherches
cliniques en dehors de toutes règles éthiques, « une
infraction qui constitue un manquement à l’intégrité
scientifique ».
Plusieurs rapports d’inspections, dont celui de l’Agence
nationale de sécurité du médicament et des produits de
santé (ANSM), en novembre 2021, ont révélé que des
études ont été menées sans le consentement des
patient·es, ou de leurs parents lorsqu’il s’agissait de
mineur·es.
**Des auteurs de falsifications scientifiques
toujours en poste**
L’IHU s’est affranchi « des garde-fous essentiels à la
conduite de recherche scientifique en santé et à la
protection des patients ». Ce qui a valu à l’institut d’être
interdit de mener, pendant un an, des recherches
impliquant la personne humaine, et provoqué
l’ouverture d’une enquête judiciaire, toujours en cours.
À cela, il convient d’ajouter que durant « la période de
crise du covid-19 », de nombreux membres de l’IHU se « sont livrés à des communications irresponsables dont le
retentissement a été international et les conséquences
néfastes ». Ces « manquements […] inadmissibles » vont
continuer, selon les évaluateurs, « à peser durablement
sur la réputation de l’IHU ».
Certes, les chercheurs relèvent un certain nombre de
changements au sein de l’IHU, qui s’est doté de deux
comités, l’un chargé des questions d’éthique et l’autre de
la prévention des conflits d’intérêts. Ces dispositifs
permettent de « garantir le respect des règles d’éthiques
scientifiques », mais encore faut-il que le personnel de
l’IHU s’en saisisse.
Or, ainsi qu’ils le constatent, l’IHU comprend encore un
« nombre important d’auteurs d’études rétractées », c’est-
à-dire de travaux universitaires officiellement désavoués.
Et si la part de responsabilité de Didier Raoult est
« grande », écrivent-ils, « elle a été partagée par tous ceux
qui se sont affranchis des normes et lignes directrices
internationales en matière de respect des personnes » ainsi
que celles et ceux qui, bien qu’informé·es de ces dérives,
ont laissé faire.
Catégorique, le comité estime qu’« un si lourd passif
appelle à des mesures plus radicales que celles qui ont été
prises jusqu’à présent par l’IHU ». En somme, la présence
au sein de l’IHU de chercheurs « directement impliqués
dans les dérives passées et actuellement visés par des
enquêtes » n’est plus acceptable, juge-t-il. Certains, dont
Matthieu Million et Philippe Gautret (cosignataire avec
Didier Raoult de l’étude sur l’hydroxychloroquine), sont
encore à des postes à responsabilités au sein de l’IHU.
Sans les citer nominativement, le comité recommande de
les écarter. À la tête du pôle des maladies infectieuses,
Jean-Christophe Lagier continue de défendre l’héritage
de Didier Raoult avec à ses côtés les élèves de la première
heure et fidèles du professeur, Philippe Brouqui, Michel
Drancourt, Philippe Parola et Eric Chabrière.
Par ailleurs, si plusieurs publications ont déjà été retirées
par les éditeurs (le 28 avril 2025, on en comptait
quarante-trois), ils regrettent que l’IHU n’ait pas, de lui-
même, cherché à épurer l’ensemble des publications
passées. Ils le déplorent, mais « toute la lumière n’a pas
encore été faite » sur les falsifications scientifiques « qui
ont entaché l’activité de recherche de l’IHU, en particulier
sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine ».
Ce constat n’est pas nouveau puisqu’en 2017, lors de sa
précédente évaluation, le Hcéres regrettait déjà que la
priorité soit donnée au « volume de publications plutôt
qu’à leur qualité ». Ce qui avait alors conduit le Centre
national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut
national de la santé et de la recherche médicale (Inserm),
deux de ses établissements de tutelle, à retirer leur label.
Depuis, l’Institut de recherche pour le développement
(IRD) a également retiré son soutien à l’IHU.